LE P.L.U. DE LABECEDE-LAURAGAIS

La commune de Labécède-Lauragais a engagé, par délibération du conseil municipal en date du 7 décembre 2006, une procédure de révision de son Plan d'Occupation des Sols (POS). C'est un acte extrêmement important qui engage l'avenir de la commune à long terme. C'est pourquoi il nous a paru indispensable d'ouvrir ce dossier - et le débat qu'il appelle nécessairement - devant la population de la commune.

Un Plan d'Occupation des Sols (POS), appellation ancienne, ou Plan Local d'Urbanisme (PLU), appellation nouvelle, comporte un réglement, c'est-à-dire un ensemble de règles, et des documents graphiques, c'est-à-dire des cartes sur lesquelles sont indiqués essentiellement des zonages. Il est la traduction dans l'espace, donc sur le terrain, d'un projet de développement pour la commune dans le moyen ou le long terme, c'est-à dire pour une période de 15 à 20 ans. C'est pourquoi, en principe, l'élaboration ou la révision d'un POS/PLU est précédée d'une réflexion conduite par la municipalité en concertation avec la population sur un projet d'avenir.

I. QUEL AVENIR LE FUTUR PLU DESSINE - T -IL POUR LABECEDE?
IL S'AGIT DE TRANSFORMER LABECEDE EN CITE DORTOIR DE LA GRANDE BANLIEUE TOULOUSAINE.

QUELLES EN SONT LES CONSEQUENCES?

1/ PERTE DES CARACTERISTIQUES PROPRES DE LA COMMUNE: il s'agit de plaquer sur la réalité labécédoise un schéma d'urbanisation extérieur c'est-à-dire de singer ce qui se fait dans les communes de la première ceinture toulousaine ( saint-orens par ex). Labécède deviendra un clône de ces communes et y perdra les caractéristiques qui font sa singularité, son originalité et donc son charme, c'est-à-dire les caractéristiques d'un village rural.
2/ AUGMENTATION SENSIBLE DE LA POPULATION: l'objectif de 500 habitants affiché à plusieurs reprises semble manifestement sous-estimé.
3/ DENSIFICATION DE L' HABITAT: les populations nouvelles seront entassées dans des espaces limitées dont les modèles d'habitat urbain sont étrangers à l'essence rurale de la commune ( type lotissement). L'urbanisation s'opérera en profondeur (contrairement aux annonces initiales mais nous y reviendrons ultérieurement) par la création de voies de desserte ( souvent en impasse) extérieures aux voies de circulation qui morcèlent le paysage. Il s'ensuit un habitat uniformisé sans aération.
4/ ABSENCE DE PREVISION DE CREATION D'ACTIVITES ET DONC D'EMPLOIS: c'est évidemment le point essentiel. L'accroissement prévue de la population ne s'appuie pas sur des prévisions de création d'activités et donc d'emplois. Les nouveaux venus devront en conséquence chercher du travail à l'extérieur, c'est à dire Toulouse ou les communes proches comme Labège. C'est la définition même de la commune dortoir.
5/ MIGRATIONS QUOTIDIENNES DE POPULATION: les migrations quotidiennes de population vers les lieux de travail extérieurs à la commune soulèveront des problèmes de transport, et plus généralement des problèmes de circulation au sein de la commune, qui, en l'état, ne paraissent pas envisagés dans le projet de P.L.U.
6/ ABSENCE D ' EQUIPEMENTS PUBLICS: la situation qui résulterait du P.L.U. en préparation serait d'autant plus difficile que ce dernier - à la différence de ce qui existe dans la plupart des communes dortoirs de banlieue existantes- ne se préoccupe pas de l'emplacement des équipements publics (emplacements réservés) que l'accroissement de la population rendra nécessaires. Nous aurons donc les inconvénients - majeurs- des communes dortoirs sans en avoir les contreparties habituelles. C'est ainsi par exemple que la municipalité écarte d'un revers de la main l'hypothèse de la construction d'une nouvelle école, qui s'impose pourtant déjà dans la situation actuelle mais deviendra tout-à-fait indispensable et incontournable si la population s'accroissait sensiblement. Bien plus le terrain idéal pour la construction de cette école est au nombre de ceux sur lesquels la réalisation d'un lotissement est prévue.

AU TOTAL ACCROISSEMENT DE LA POPULATION ET DENSIFICATION DE L'HABITAT SANS CREATION D'EMPLOIS NI D ' EQUIPEMENTS PUBLICS C ' EST LA RECETTE PARFAITE DE LA MALVIE DONT ON VOIT TANT DE MANIFESTATIONS AUTOUR DE NOUS ET A LAQUELLE NOUS AVONS LA CHANCE D ' ECHAPPER JUSQU ' A PRESENT.

II. C ' EST D ' UNE TOUTE AUTRE DEMARCHE DONT NOUS VOUS SUGGERONS DE DEBATTRE ENSEMBLE:

Il faut bâtir un projet partant de la réalité labécédoise en prévoyant un développement mesuré - car la population a déjà fortement augmenté ces dernières années - et équilibré entre les différentes formes d'habitat ( fermes extérieures, village centre, habitat dispersé). Ce développement doit s'appuyer sur la création d'activités génératrices d'emplois et compatibles avec l'environnement rural.
LA QUESTION ESSENTIELLE EST DONC CELLE DE LA CREATION D ' ACTIVITES:
ce n'est évidemment pas un problème facile à résoudre mais c'est une raison supplémentaire de s'y atteler d'urgence. Or la municipalité ne consacre pas le moindre effort à cette tâche. Nous n'allons pas vous proposer ici un plan de développement d'activités à Labécède mais au moins tracer ici une piste qui - au demeurant - nous semble s'imposer d'évidence, celle du tourisme vert et/ou historique. Il n'y a pas de miracle à en attendre mais une carte sérieuse à jouer.
1/ Notre site est d'abord susceptible d'attirer une population citadine pour des séjours de détente afin de fuir la malvie que le projet de P.L.U. risque d'introduire chez nous. Il existe en outre près de Labécède un centre d'attraction touristique autour du bassin de saint-ferréol. Il y a là de quoi alimenter une activité infiniment plus soutenue que celle qui existe déjà. En outre, le département de l'Aude a consenti de gros efforts afin d'entretenir un flux touristique autour du passé cathare de notre région. Notre village y reste tout-à-fait extérieur et étranger. Il fut pourtant un haut lieu du catharisme et pas seulement au moment du massacre de 1227. Il y a là encore une chance à saisir.
2/ Mais naturellement ce développement fondé sur un tourisme vert et historique suppose que nos sites naturels et bâtis soient préservés. Leur destruction non seulement nuirait à court terme à notre agrément comme habitants mais dilapiderait en outre un capital précieux et hypothéquerait nos chances de développement autonome à moyen et long terme. C'est pourquoi notamment le P.L.U. doit recenser les sites qui appellent une protection particulière.
3/ Enfin il serait nécessaire que le P.L.U. prévoit les emplacements réservés aux futurs équipements publics et - au moins - à une école moderne, adaptée à notre époque, nécessaire à un village du XXI siècle. ( L'école de Labécède n'a pas été retenue par l'inspection pédagogique parmi celles qui recevront une dotation en ordinateurs portables: il serait bon de se demander pourquoi ).